Ce que j’ai appris en 4 ans d’existence de Irawo

Le 12 Novembre 2015, vêtue d’un haut blanc parsemé d’étoiles noires, une jeune fille a eu l’audace de croire aux talents d’Afrique. Cette jeune fille, c’était moi. Cette audace a impacté des millions de gens. Et ces étoiles sont aujourd’hui plus de 430 talents promus dans le monde entier.

Au commencement de IRAWO, il y avait cette foi solide dans le creux de mon ventre. Il y a 4 ans, je croyais dur comme fer qu’en racontant les histoires des jeunes talents Africains, on pouvait inspirer l’excellence et susciter le changement dont l’Afrique a tant besoin. 

4 ans après, j’en ai appris énormément. Autant sur la validité de ma théorie, sur l’impact de Irawo mais surtout sur ce dont les jeunes Africains ont le plus besoin. Tout ce temps consacré à interviewer les talents sur leurs besoins, leurs défis, leurs histoires et leurs rêves; tout ce temps a chercher la meilleure façon d’atteindre ma vision; m’a finalement donné une meilleure compréhension de ce que j’appelle aujourd’hui “l’opportunité des talents Africains”. 

Avant, je parlais du problème des talents Africains. C’est ainsi que je voyais cette équation épineuse qu’il me fallait résoudre. Mais à présent, j’ai réalisé qu’il n’existe pas un problème. Ce qu’il y a c’est une opportunité non exploitée, je dirais même, gaspillée. Désormais, ma mission personnelle vis-à-vis de l’Afrique est de lui montrer comment mieux exploiter sa plus grande richesse. 

Ces 4 années auront donc été des années de déconstruction de ce que je croyais vrai, des moments d’épiphanie sur ce qui se passe réellement mais aussi des instants permanents de certitude : L’Afrique a du talent. Les jeunes Africains sont prêts à participer et participent au développement. La question c’est : Comment maximiser leur impact ? 

L’inspiration ne suffit pas 

Toute l’action de Irawo a été portée par la diffusion de l’inspiration. Nous étions les dealeurs d’inpi à travers des articles, des histoires, des newsletters, des reportages et même un court-métrage. La magie de l’inspiration est réelle.

Par l’inspiration que Irawo leur a donné, de nombreux jeunes ont pris conscience de leurs talents et leurs capacités. En commentaires comme en messages privés, ils nous témoignent de l’impact que l’histoire de tel Irawo a eu sur eux ou encore de comment ils ont lancé leur business grâce à des conseils lus sur Irawo.

Un jeune Tchadien m’a accostée l’année dernière à un forum pour me raconter comment Irawo l’avait sauvé, à un moment où il en avait le plus besoin. En Février 2019, nous avons érigé en plein centre de la ville de Cotonou, le mur des Irawos, le Irawall. Près de 10 mètres d’inspiration où étaient graffés les visages des talents exceptionnels de notre génération. 

 

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Lors de mon TedxTalk en 2017, j’ai parlé de la magie de l’inspiration et de pourquoi l’Afrique en avait besoin. La magie de l’inspiration c’est quand nous réalisons qu’il nous est permis de rêver, de croire et d’agir parce qu’une personne à laquelle nous nous identifions l’a fait. C’est lorsqu’un petit garçon voit Lola Odujinrin faire le tour du monde en avion, et se dit “Non, on n’a pas besoin d’être Blanc pour le faire. Je peux le faire aussi”.

La magie de l’inspiration c’est lorsque Maureen Ayité ouvre sa 8 ème boutique de prêt-à-porter et devient l’une des marques Africaines les plus aimées sur le continent. C’est le signal de possibilité que l’on retient de sa réalité. L’inspiration est une question de références et donc de modèles.

C’est pour cela que nous avons passé les 3 premières années de notre existence à aller à la rencontre de ces modèles d’inspiration afin que par leurs histoires, ils suscitent dans la conscience des jeunes, le désir d’émuler leur excellence et leur travail acharné. Rebrousser le fatalisme à coup d’inspiration positive, tel était notre postulat. 

Mais l’inspiration a une limite. Quand bien même, elle suscite en l’individu le désir de changer les choses, elle ne lui donne pas toujours les réponses dont il a besoin pour y arriver. Et les jeunes Africains n’ont pas juste besoin de rêver, ils ont besoin d’outils pour réaliser leurs rêves. J’ai compris cela en Juin 2018, lors du premier meetup jamais organisé par Irawo, qui a réuni notre communauté autour d’un tabouret et de quelques brochettes d’Alloco-Poulet.

L’objectif de l’évènement était de rencontrer pour la première fois, nos abonnés et d’écouter ce qu’ils ont à nous dire sur l’impact de Irawo. Mais cela ne s’est pas passé comme ça. Ce qui était censé être un dialogue entre Irawo et eux, s’est transformé en un groupe de parole de rêveurs anonymes. 

Au lieu de nous dire comment améliorer Irawo, ils ont préféré nous raconter les défis auxquels ils font face quotidiennement. Le réveil à été brutal pour moi.

A quoi sert-il d’avoir tout le talent du monde, quand on ne peut en vivre ? A quoi sert-il d’être excellent dans un domaine quand nos parents nous forcent à en étudier un autre ? Que faire quand on ne connaît pas son talent ? Comment lancer son business quand personne ne vous dit comment y arriver ? Où trouver ses clients et comment faire sa promotion ? Comment exercer mon talent ? Vers qui me tourner pour trouver du financement ? Je cherche un mentor, quoi faire ?  Comment gagner ma vie avec mon talent quand les gens ne voient pas la valeur de ce que je fais ?

Tant de questions révélées à travers leurs expériences de vie. Et lorsque ces questions restent sans réponses, dans la majorité des cas, ils finissent par abandonner ou à voyager. Concrètement qu’est-ce que cela signifie ? 

 

Avant de comprendre cet impact, voici quelques chiffres

  • 60% des chômeurs en Afrique sont des jeunes. Et leur nombre sera sans cesse grandissant. En effet, en 2030, l’Afrique aura 1 milliard de jeunes prêts à travailler. Si rien n’est fait, ce potentiel humain se tournera vers la drogue, la migration ou deviendra tout simplement une source d’instabilité politique. 
  • Pour 3 millions d’emplois formels créés, on a 10 à 12 millions de jeunes demandeurs d’emplois qui arrivent sur le marché. 
  • Les moins de 30 ans ont plus de chances de se retrouver dans un emploi informel, non déclaré ou en situation de sous-emploi. 

La créativité est l’origine de notre monde moderne. C’est grâce à elle que roulent les voitures et que volent les drones. C’est par la créativité que nous participons à l’évolution de notre monde, à tous les niveaux.

Marie-Cécile Zinsou, fondatrice de la fondation Zinsou, me disait au détour d’un verre, “La culture est la seule éternité possible”. Je paraphrase en disant que la créativité est la seule éternité possible. 

Lorsqu’une nation échoue à créer, elle est dépendante du reste du monde. C’est par la créativité que nous existons en tant que civilisation. Qui sont ceux qui dominent le trafic aérien ? Ceux qui fabriquent les avions, les commercialisent et les régulent. Que serait le monde sans les designers, les chercheurs, les ingénieurs, les entrepreneurs, les chanteurs, les philosophes, les dessinateurs, les financiers ?  Il serait vide et sans vie. 

L’impact de la créativité dans le monde est d’une telle ampleur qu’il est facile de ne pas s’en rendre compte, tant cela fait partie de nos quotidiens.

Aujourd’hui, on parle de l’industrie créative définie comme « toute industrie qui a pour origine la créativité individuelle, l’habileté et le talent et qui a le potentiel de produire de la richesse et de l’emploi à travers la création et l’exploitation de la propriété intellectuelle » . 

Les jeunes rêvent de visiter les Etats-Unis, car ils en rêvent. Et ils en rêvent parce qu’il y a des filmes, des poèmes, des chansons, des objets, concepts qui viennent à eux pour leur parler de l’Amérique.

On écoute du Beyoncé, on danse sur du Michael Jackson. On discute sur Whatsapp et nos téléphones viennent d’Apple. On dit “The GOAT” et on porte des Jordans. On joue à Candy Crush et on suit “Games of Thrones”. On commande nos livres sur Amazon et écoute de la musique sur Spotify. Tout ça vient des Etats-Unis. Et tout ça rapporte l’argent, emploie des gens, crée des devises, brande le pays et partage la culture. 

Les industries créatives sont un facteur de croissance, et un créateur de valeur qui affecte l’entièreté de l’économie et de la vie publique. L’industrie créative en Asie, c’est près de 743 milliards de dollars de revenus et 12, 7 millions d’emplois directs.  ( Source UNESCO ) 

En 2018, l’industrie créative du film au Nigeria a contribué à 2.3% du PIB, soit 658 millions de dollars avec plus de 300 000 emplois créés. Les films nigérians sont disponibles sur le site de streaming le plus connu au monde. Conséquence : La culture Nigériane s’exporte. C’est une influence de taille, quand on sait comment cela affecte l’attractivité des pays, l’éducation, l’emploi, renforce l’identité culturelle et accroît les richesses. 

Dans la culture, la science, l’économie, la santé, l’Afrique a besoin de cerveaux qui créent, innovent et changent le rapport. La question c’est assurons-nous l’émergence de ces cerveaux ? Comment favorisons-nous leur multiplicité ? Ces cerveaux de demain sont les jeunes d’aujourd’hui entre 18 et 30 ans, qui ont le talent nécessaire mais pas l’opportunité de mettre ce talent à l’oeuvre. Et c’est là le drame. 

L’échec à fournir des réponses adéquates aux problèmes des jeunes se constate tant dans la fuite des cerveaux que dans la perte le manque à gagner économiquement et culturellement. Lorsque leurs questions restent sans réponses, dans la majorité des cas, les jeunes talents finissent par abandonner pour un “boulot alimentaire” qui finit par prendre le dessus sur leur talent. Ceux qui ont plus ou moins les moyens de le faire vont voyager dans la sous-région africaine ou carrément vers l’occident. Les plus déterminés font de la résilience leur credo, rebondissent dans d’autres secteurs et finissent par atteindre leur objectifs. Les plus chanceux “tombent” sur des opportunités qui leur permettent de continuer à faire ce qu’ils aiment. 

C’est par la créativité que nous existons en tant que civilisation. Click To Tweet

En 2017, j’ai interviewé un jeune peintre exceptionnel. Il était sacrément doué. La première fois que j’ai vu ses toiles, j’ai été saisie par l’esthétique et les émotions qui s’en dégageaient. J’avais un levier à ma disposition et c’était la promotion. J’ai écrit son histoire et je l’ai partagée sur Irawo. Les likes ont plu, les félicitations à son endroit également. Mais 1 an après cela, j’ai appris qu’il abandonnait la peinture sous pression de ses parents, afin de trouver un “job sérieux”. 

Mai 2018, après le fâcheux accident qu’à eu notre championne de Roller, Rawdath Demba Diallo, Irawo a mobilisé la communauté en ligne pour financer l’achat de nouveaux patins . Nous avions partagé son histoire sur la plateforme et des milliers de personnes l’ont découverte grâce à cela. A 15 ans à peine, elle est en route pour devenir une championne internationale de Roller Sports. Mais sans matériel, c’est impossible. Nous avons réussi à récolter plus de 1500 euros pour lui permettre de réaliser son rêve Olympique.

Pendant longtemps cela a été une grande fierté pour la Team Irawo. Mais cela n’a pas suffit. Car quelques mois plus tard, il a fallu financer son voyage en Colombie pour qu’elle puisse s’entraîner dans un meilleur environnement et se confronter aux meilleurs. Comptez près de 11 millions de FCFA. Quand son entraîneur m’en a fait part, j’ai répondu aux abonnés absents. Ce dernier a fait le tour des institutions à la recherche de sponsors. Je ne sais toujours pas s’il a réussi. C’était beaucoup d’argent et peu de temps pour en trouver. 

Et c’est sans oublier tous ces talents qui nous ont parlé de leur difficulté à vendre leurs produits, du fait de la petitesse du marché auquel ils s’adressent, du manque de valorisation de leurs créations, de l’absence des canaux de distribution. Aujourd’hui, nombreux sont les photographes Béninois obligés de traverser les frontières s’ils veulent pouvoir vendre à prix raisonnable leur travail. Et quand bien même, les problèmes des jeunes talents au Cameroun peuvent sensiblement différer de ceux en Côte d’Ivoire, voici les principaux défis que les talents Africains rencontrent : 

  • Visibilité : Le manque de plateformes pour exprimer et présenter son talent au monde
  • Education : Le manque de professionnalisation qui les rend  moins compétitifs sur le marché. Formation inadéquates ou compétences difficilement commercialisables sur le marché de l’emploi 
  • Monétisation : Absence de connaissance sur comment monétiser leur talent, et gérer sa croissance.

Internet est une chance pour ma génération.

En l’absence de mieux , c’est l’alternative prisée par les jeunes pour son accessibilité et ses success stories. Avec pour champions Facebook et Instagram, de nombreux talents créatifs y partagent leurs contenus dans l’espoir de se faire remarquer par des marques, des potentiels clients/partenaires. Malick Kebe est un photographe Ivoirien qui utilise l’Iphone pour prendre ses clichés. Il a commencé en Janvier 2019 à poster régulièrement ses photos sur Instagram. 7 mois après, son travail a connu une fantastique surexposition quand Apple a repartagé ses photos. Ensuite, il a enchaîné les expositions ( Etats-Unis, Zanzibar, France, Côte d’Ivoire), les interviews et partenariats. Aujourd’hui, il est l’effigie de Toyota Africa pour leur dernière campagne “Start Your Impossible”. 

Les jeunes utilisent aussi Internet pour contracter des jobs comme freelancers à travers les plateformes dédiés. Cette alternative est très souvent mise à risque par les coupures intempestives ( et arbitraires ) d’internet comme ce fut le cas pendant plus d’un an au Tchad ( Bénin, Cameroun, RDC, Togo, etc ). En dehors des coupures, il y a la hausse des prix d’internet qui irrémédiablement réduit la connectivité mais aussi limite l’utilisation aux personnes aisées. J’ai lancé Irawo sur internet parce que je n’avais pas le financement pour en faire un Magazine Papier. La majorité de l’argent était englouti dans la connexion internet : Je dépensais plus de 1 Giga par jour. Pour une jeune étudiante, c’était déjà trop cher. C’est la raison pour laquelle quand le gouvernement du Bénin a décidé de mettre une taxe sur les réseaux sociaux, j’ai joint ma voix à tous les jeunes qui se sont révoltés contre cette mesure. 

C’est grâce à Internet que les jeunes talents comblent les déficiences du systèmes : de la découverte à la monétisation en passant par la formation. Si pour des raisons politiques, Internet est coupé, c’est toute cette chaîne de valeur qui est guillotinée et ces millions de jeunes qui sont pris en otage. A défaut d’accompagner convenablement les jeunes, les gouvernements Africains devraient augmenter l’accessibilité à Internet. C’est le moins qu’on puisse leur demander. 

Le talent ne suffit pas

Big Lol. Je n’avais pas besoin de 4 ans pour le savoir mais je ne l’ai mieux compris que durant ces 4 ans. L’histoire de Malick que j’ai partagé plus haut est une exception aux implications simplifiées. Car même s’il a eu internet comme Tremplin, il a eu la chance de vivre en Côte d’Ivoire et non au Bénin ou au Togo.

Le talent ne suffit pas pour créer de la valeur. Parce que la chance de Malick c’est qu’en Côte d’Ivoire, il existe plusieurs médias pour présenter son talent à une large audience. La population est beaucoup plus nombreuse. Le niveau de vie est plus élevé et il peut se faire une place en vendant confortablement son art. Il existe beaucoup plus d’entreprises capables de faire appel à ses services. Il peut gagner sa vie via la publicité, la vente directe ou la propriété intellectuelle. Et plus il gagne sa vie, plus il sera en mesure de mieux se former, et d’augmenter par conséquent, la valeur de son travail. Ce cercle vertueux est ce que visent les talents. Mais tous les talents n’ont pas accès à ces options là.

Le talent ne suffit pas pour créer de la valeur. Click To Tweet

En fonction du lieu où ils vivent, ils peuvent manquer : 

  • De médias suffisamment grands pour se faire connaître et obtenir la reconnaissance qui va les encourager à continuer.  C’est l’une des raisons qui a motivé la création de Irawo. 
  • D’un marché assez large pour vendre son produit/service. Et à défaut, être en mesure de s’exporter dans la sous-région pour agrandir sa base de clients. 
  • D’opportunités de faire ses preuves, sous-entendu des contrats avec des entreprises, particuliers : Un job en gros 
  • De mentors ou devanciers à émuler, pour adopter les bonnes pratiques, créer un réseau et raise their game. 
  • D’accompagnement pour mettre en place leurs idées et structurer leurs carrières 
  • D’une infrastructure et d’un cadre législatif favorables à l’éclosion des talents ( espaces de divertissement, d’éducations, scènes, bourses, politiques de placements, lois sur la propriété intellectuelle, impôts, etc )

Les jeunes Africains ont besoin d’opportunités 

J’ai compris au bout de ces 4 ans qu’il y a différentes phases de développement des talents. Et en fonction de ces phases, tout le monde n’a pas besoin de la même opportunité. On ne fait pas “une faveur” aux jeunes en leur accordant des opportunités. L’opportunité peut prendre l’allure d’un job dans une entreprise ou d’un programme d’échange. Cela peut être une occasion de se former ou une récompense nationale. Il peut aussi consister à partager son savoir-faire ou à le présenter. Mais dans toutes ces opportunités, il est important que le talent vive décemment. Cette opportunité doit lui permettre de continuer à faire ce qu’il aime, dans la durée. Il doit donc gagner sa vie. 

Ce changement de paradigme a été un grand bouleversement pour Irawo. Depuis quelques temps déjà, j’avais la sensation de ne plus résoudre l’équation et d’être engagée dans un cirque digital superficiel. C’est en partie pour ces raisons que nous avons pris une pause pour revenir en Septembre 2018 avec de nouvelles idées. 

1- Nous avons conçu un programme spécial pour aider les jeunes talents Africains à rentabiliser leur créativité et à augmenter leur productivité. Impact : Près de 1000 jeunes inscrits, qui ont bénéficié d’outils, conseils et ressources; ainsi qu’un accès privilégié à des mentors. Nous avons eu des retours très positifs des programmes car il a aidé plus d’un talent à mieux structurer et présenter ses idées

2- Nous avons réalisé le premier Irawo Talk dont l’objectif est de connecter 5000 jeunes Africains à des Irawos, pour partager leurs expérience et les réponses qu’ils ont glané sur la route de leur accomplissement. Pour le moment, nous avons touché 100 jeunes pour la première édition à Cotonou. Notre objectif est de poursuivre les Talks dans d’autres pays de la sous-région. 

3- Nous avons changé la stratégie éditoriale de Irawo News, qui entre temps était devenue une machine à produire du contenu pour l’audience. Mais ce contenu excessif n’était pas bien adapté aux besoins de notre communauté. Nous avons alors opté pour moins de contenus et plus de pertinence et de conversation. Désormais, les articles que nous partageons répondent à une question directe que les jeunes se posent sur le Business, l’entrepreneuriat, la gestion du temps, le marketing. Nous continuons aussi de promouvoir les talents. Notre défi est de trouver le bon équilibre entre les 2. 

4- Et c’est la grosse nouvelle : Nous avons conçu un outil qui agrège toutes ces compréhensions et propose une solution adéquate aux défis des jeunes talents Africains. Mais je ne suis pas encore autorisée à dévoiler les détails…Sachez juste que ce sera une première en Afrique ( et dans le monde ).

A son lancement le 12 Novembre 2015, j’écrivais ceci à propos de la mission d’Irawo : 

 « Irawo est un gigantesque répertoire de jeunes étoiles.  Il fait leur promotion dans le monde entier leur donnant ainsi des raisons d’être plus excellents. »

Aujourd’hui, la mission de Irawo est de faciliter aux jeunes Africains, l’accès aux opportunités pertinentes dont ils ont besoin pour croître, prospérer et impacter leur communauté, à travers leurs talents. 

Et quant à moi…chasseuse de talents à la recherche des 1001 Irawos.

Ma vision est de participer à la construction d’individus de type nouveau, qui parce qu’ils auront acquis certaines compétences, et partageront certaines convictions et une vision semblable de l’avenir et pourront ensemble porter leur pierre à l’édifice.

J’ai toujours cru à l’individu comme vecteur et fer de lance de la société d’une nation. J’ai toujours cru au fait qu’il était nécessaire de rêver et de faire rêver, d’inspirer et d’être une inspiration. Mais il ne faut pas faire rêver inutilement. Il est crucial de donner aux jeunes, les opportunités dont ils ont besoin pour transformer leur talent en atout pour le développement de l’Afrique.

On peut créer des talents par l’opportunité. Le privilège le prouve bien, quand il permet à un enfant moins intelligent de surpasser un autre plus intelligent, car il a eu accès à des opportunités d’apprendre, de faire et donc de surprendre. 

S’il y a quelque chose qui manque dans l’équation Talent + Afrique, c’est bien l’opportunité. Car bien que l’Afrique soit pourvu en grande quantité de talents, il n’y a pas l’opportunité de créer le succès. 

Aujourd'hui, la mission de Irawo est de faciliter aux jeunes Africains, l’accès aux opportunités dont ils ont besoin pour impacter leur communauté, à travers leurs talents. Click To Tweet

Il n’y a de richesse que d’Hommes, disait le penseur. Pour que l’Afrique se développe aussi, elle doit permettre à chacun de ses talents d’obtenir les opportunités pour devenir des succès dont les fruits rejailliront sur le continent.

Les fruits de la créativité des enfants d’Afrique doivent servir le monde et l’Afrique d’abord. La question de la rétention des talents ne peut se poser sans la question de l’opportunité et il est clair que la chaîne d’opportunité est brisée. Je veux rétablir ou sinon reconstruire la chaîne d’opportunités qui permet à un jeune talent de devenir une Richesse pour sa nation.

Ai-je résolu l’équation ? Je ne pense pas. Mais plus j’avance et plus je sais qu’il est possible de faire de la jeunesse talentueuse, le tremplin de notre continent. 

Rendez-vous donc le 12 Novembre 2022.

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