J’aurais aimé qu’on me dise que la vingtaine est la décennie de l’échec. A cette même période, l’année dernière, je pensais que j’avais raté ma vie. Et je ne suis pas la seule. De nombreux jeunes comme moi ont le sentiment d’être un échec et de ne pas savoir quoi faire de leurs vies. 

Je ne sais plus si c’était la déprime de l’hiver, ce boulot que je n’aimais pas, ce pays si différent du mien, ou encore la galère. Ce qui est sûr c’est que je me sentais nulle, je pensais que j’étais finie, que la vie ne m’apporterait plus rien. 

1 an après, j’ai plus ou moins réussi à surmonter ce sentiment, car c’est ce que c’est : Un sentiment parfois étayé par la réalité mais qui peut s’effacer avec de bonnes méthodes. Aujourd’hui, je voudrais partager avec d’autres ce que j’ai fait pour aller mieux : 

1- Tu ne peux pas rater ce qui vient à peine de commencer

Rater sa vie c’est dire qu’on a tout essayé et que rien n’a marché. A 20 ans, 22 ans voire 27 ans, on est encore à l’étape de l’ajustement. On ne sait pas encore ce qu’on veut, et on teste tout ce qu’on peut. On est à l’orée de nos vies : Tout peut encore changer. La solution c’est de faire un plan. Qu’est-ce que j’ai envie de maîtriser dans 10 ans ? Quel type de personne je veux être à 30 ans ? Quelle vie m’intéresse ? La vingtaine est le moment parfait pour avoir une vision débridée, positive et sans peurs. 

2- Définis ton succès, sinon tu auras toujours l’impression d’échouer. 

Pourquoi penser que je suis un échec si je ne sais ce qu’est le succès pour moi ? J’avais une fâcheuse tendance à me comparer à mes aînés de 30 ans- 40 ans, et à réaliser qu’à côté d’eux, j’étais nulle. C’est normal. Ils ont eu le temps de se construire. Et de définir leur propre succès. Si tu écoutes les gens, tu penseras que réussir sa vie, c’est avoir un job super bien payé, se marier, faire des enfants, acheter une voiture et poster des photos de la vie de Louga sur Instagram. Mais tu auras beau cocher toutes ces cases et te retrouver quand même malheureux. Parce que tu auras défini ton succès par rapport au regard des autres et non par rapport à ton regard interne. 

Alors, le jour de mon 23ème anniversaire, c’est ce que j’ai fait. J’ai défini ce que représente le succès pour moi. Je sais désormais que lorsque je me perds, il me suffit de relire cette définition pour savoir où j’en suis. 

3- Donne-toi le droit d’échouer. 

Ce qu’on fait bien c’est ce qu’on a eu à faire de manière répétée jusqu’à le maîtriser. La dernière fois, je vous ai partagé ma méthode pour lutter contre ce perfectionnisme qui paralyse. “Commencer vite et mal. Bien apprendre et recommencer”. C’est normal d’échouer. On ne nous le dit peut-être pas assez. Mais c’est absolument normal. Est-ce qu’un enfant cesse de marcher parce qu’il est tombé ? Je ne suis pas censée être parfaite. Et c’est tellement mieux ainsi car cela signifie que j’ai de la marge de progression. Si on réussissait tout ce qu’on entreprenait, alors notre réussite n’aurait pas de sens car il n’y n’aurait rien pour comparer. 

4- Investis dans la connaissance 

Le savoir c’est le pouvoir. C’est pour cela qu’investir dedans garantit notre avenir. On va à l’école pour cela. Mais quand on finit sa licence ou son master, on a tendance à se relâcher et à devenir des zombies de la vie active. Il ne suffit pas de lire des articles pour “connaître”. Il faut accumuler des “savoir-faire” qui vont te différencier de la masse et constituer un “capital”. Est-ce une nouvelle langue qui t’intéresse ? Apprends-la maintenant et à 30 ans, tu auras le plaisir de dire que tu bilingue, trilingue ou polyglotte. Veux-tu devenir un expert de ton domaine ? Prends des certifications, forme-toi, va à des ateliers, suis des séminaires. Investis sur ton cerveau, et dans le long terme, tu te remercieras. 

5- Utilise sagement ton temps. 

J’ai lu quelque part, que l’emploi du temps c’est l’emploi de soi. Comment t’utilises-tu dans le temps ? Ce n’est pas le temps que tu manipules mais toi à travers le temps. Gagner du temps ou en perdre n’ont pas de sens. Le bon emploi de temps s’exprime à travers tes priorités. Définis ce qui est important pour toi : Passer du temps en famille, te former, créer, faire ce que tu aimes ? A toi de le savoir. Avant d’effectuer une action, demande-toi si elle correspond vraiment à ce que tu veux. Qui tu seras à 30 ans, dépendra de comment celui que tu es à 20 utilise son temps. 

6- Rien ne se passe comme prévu 

La raison principale pour laquelle je pensais avoir raté ma vie c’est parce que je n’avais pas réalisé mes rêves au moment où j’avais prévu le faire. Quand j’avais 9 ans, j’ai rêvé qu’à 21 ans, j’aurais gagné mon premier million et sorti mon premier livre. Alors cela ne s’est pas passé ainsi.

D’abord pour le million, j’ai gagné 600 000 milles en 2 fois pour 2 jobs différents. Pour le livre, je n’ai jamais sorti de romans, mais j’ai écrit des centaines d’articles, eu des centaines de milliers de lecteurs dans le monde, écrit des dizaines de nouvelles, gagné un concours d’écriture, et créé un média. Pourtant, quand j’ai eu 21 ans, je me suis sentie comme une grosse merde.

Quand on grandit, on a tendance à croire qu’on est resté l’enfant qu’on a été. On veut réaliser les rêves de cet enfant. Mais cet enfant a disparu, il a changé, il a grandi. Ses rêves ont le droit de se muer, de grandir et de changer aussi. La femme que je voulais être à 17 ans ne me paraît plus la femme idéale. C’est dur d’abandonner ses rêves mais c’est complètement irréaliste de vouloir les garder tels quels.

C’est dur d’abandonner ses rêves mais c’est complètement irréaliste de vouloir les garder tels quels. Click To Tweet

La vingtaine est le meilleur moment pour adapter nos rêves à la réalité d’aujourd’hui. En 2005, je ne savais pas ce que c’était un blog. En 2019, on peut partir d’un blog pour fonder un média. On peut se servir de l’écriture pour devenir autre chose qu’un écrivain. On peut bloguer, copywriter, marketer, lancer une marque, faire de la consultation, vloguer, etc.

Un rêve devrait être suffisamment élastique pour supporter l’épreuve du temps. Cela ne lui enlèvera rien. Au contraire. Rêve à nouveau…c’est le moment. 

7- Eat, pray, love 

Je ne suis pas un fan des religions. Mais je sais qu’avoir foi en quelque chose nourrit l’âme. Si tu crois aux bons temps, construis ton cercle d’amis. Si tu aimes prier, prie sans devenir un extrémiste judgemental et pédant qui ne sait pas profiter de la vie. Et si tu aimes aimer, alors aime, et selon les vers de Rudyard Kipiling, “sans qu’aucun ne soit tout pour toi”. 

8- Penser, lire et réfléchir 

Quand je me sens faible, triste ou sans confiance, je relis le poème : Invictus de William Ernest Henley. Je médite sur les vers de “Si”, un poème de Rudyard Kipling ou encore “Notre peur la plus profonde” de Marianne Williamson. J’ai également découvert un livre “The Defining Decade” qui m’a accompagnée dans ma transition de l’âge d’ado à celui de jeune adulte, pas tout à fait au courant du deal. Je le conseille définitivement, à tous ceux qui comme moi, se sentent un peu perdus. Ce livre vous dira tout ce qu’on a manqué de vous dire sur la vingtaine. 

 

Si vous aussi vous avez connu ce sentiment, partagez-nous vos astuces pour le surmonter. Vous ne savez pas qui vous pourriez aider.

Privacy Preference Center