Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé

Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée


Vous êtes vous jamais demandé pendant combien de temps encore, allongé dans un lit, dans un canapé ou sur un cœur; vous verrez encore le monde de votre perspective ?

Vous verrez des doigts, et ils seront les vôtres. Vous verrez des mains, et ils seront les vôtres. Vous entendrez une voix, et elle viendra de vous. Pendant combien de temps encore verrez-vous le monde, avec tout au bout à l’horizon, une petite montagne, tendue ou aplatie, ronronnant d’un élixir rare et pourtant si présent. Ce nez. Votre nez.

Touchez-le. Ressentez son contact sous vos doigts. Écoutez-vous respirer. Entendez-vous ce bruit, si sourd qu’il en devient indétectable ? Oui, ce souffle. Ce battement de cœur. Cette vie. Oui. Votre vie.

Bonjour, Paris. C’est moi. La fille qui ne voulait pas rentrer te voir. Mais tu nous aimes, m’as-tu dis quand de cet avion, je suis ressortie, laissant derrière moi, l’enfant que j’étais.

La foi, ce n’est pas l’attente cruelle d’un miracle, d’un signe, encore moins une certitude. La foi est une confiance en l’instant présent, une confiance dans le chemin qui nous est offert. C’est se dire, que tout peut arriver mais qu’on fera avec ce tout, qu’on se donnera les moyens de nous en sortir, de faire un pas après l’autre. La foi c’est croire aux pas qui nous mènent à d’autres pas. La foi comprend la peur, la ressent mais ne lui résiste pas. La foi et la peur sont deux compagnons amis, qui chevauchent ensemble sur un même destrier. Notre coeur.

Je suis rentrée à Cotonou, un 3 Août armée d’une expérience de six semaines dans un pays, qui sans me connaître m’a donné ce dont j’avais besoin. Je l’ai dit, à tous ceux qui m’ont demandé : “Alors, c’était comment les États-Unis ?, C’était comment le YALI ? “.

Je suis partie dans cette aventure avec une idée très précise de ce que je comptais en tirer, des connaissances encore et encore. Puisque ce n’est que ce qui compte à mes yeux. Je suis une learner. Mais j’en suis revenue avec autre chose que La Connaissance. Cette matière abstraite, jus de cerveaux, qu’il m’a toujours plu d’aspirer des autres, de l’école, de la vie…mais jamais de moi-même. Ce que le YALI m’a donné c’est la connaissance de moi-même, de ce que je voulais et d’où j’allais. Quoique…

En fait, je suis revenue de ce séjour avec une détermination à faire les choses. Pour gagner cette détermination, il m’a fallu me découvrir. Comprendre qui j’étais, au milieu de 24 autres personnes qui comme moi, menaient des combats dans leurs pays respectifs.

Je crois en mon chemin. Je crois en chaque pas que je fais. Je rêve d’aller dans certains endroits, de visiter certains lieux et certaines émotions. De jouer certains rôles et de vivre autant de vies que possible. En une fois. Mdr, ne rigolez pas. C’est bien possible. Et c’est ma plus grande foi.

Je manque cruellement de confiance en moi, parfois. Peut-être que ce que j’appelle manquer de confiance en moi c’est ce perpétuel état de doutes. Trop d’incertitudes, de paramètres inconnus, trop de terres incognitas, trop de choses que je ne sais pas.

Pourquoi vouloir tout savoir avant de prendre une décision ? Pensez-vous que ceux qui connaissent leurs destins sont les plus intelligents ? Que nenni. Le tableau devient plus complexe, plus sombre. On pense trouver de la cohérence dans l’eau mais il révèle une absurdité beaucoup plus  déroutante : L’eau n’existe pas. Il n’y a que ton reflet.


Elle se faisait moyenne, de peur que le monde ne voie ses difformités. 

Elle se réjouissait d’être moyenne de peur que le monde ne sente comme elle, le monstre qu’elle abritait.


Parfois, je suis frappée par la vacuité de ce que je fais. Pendant quelques semaines, j’ai eu envie de tuer Mylène Flicka, cet avatar de qui j’étais, créé pour accomplir des rêves d’un tout autre type. La vie virtuelle a pris le pas sur la vie réelle. C’est étrange ce sentiment que l’on ressent du fait d’être plus connu sous le nom de son avatar que sous son propre nom. En Octobre 2011, quand je rejoignais Facebook écrivant “Mylène Flicka” en guise de nom, je n’aurais jamais imaginé quelle ampleur ces deux mots allaient prendre dans mon existence. J’ai des amis qui ne m’ont jamais appelée Marie-Madeleine.

Mais rien n’est comparé à la place que le reste du monde a pris dans ma vie. Ce qui était au départ une simple partie de mon quotidien a avalé la grande partie de mon quotidien. J’observe le monde, et cette Matrix qui s’est installée à nos dépends. Dans le métro, je lève parfois la tête pour regarder la foule de gens à la tête baissée dans leurs téléphones. Ils jouent à Candy Crush ou au Ludo. Ils ne se regardent pas, ils n’attendent que leurs stations.

J’observe leurs réflexes et j’y vois les miens. Notre cerveau reptilien forgé pendant des millions d’années pour nous doter des instincts de survie et de conservation, apprend aujourd’hui un autre réflexe : celui du Pick up. Prendre son téléphone pour ne pas se mêler. Prendre son téléphone pour ne pas parler. Prendre son téléphone pour ne pas ressentir. Prendre son téléphone et ne pas se lier. Prendre son téléphone le matin, comme première pensée de la journée. Pas de temps pour soi, pas de pause…direct sur Twitter ou Facebook. On enchaine sur les messages WhatsApp, la journée digitale a commencé. Et dans ce monde qui ne se voit pas mais qui nous absorbe tous, nous passons de plus en plus de temps.

D’où cette sensation d’envahissement; surtout pour un créateur de contenu qui pourrait puiser son inspiration dans le monde qui l’entoure, c’est un appauvrissement terrible. Donc, j’ai pris quelques semaines pour moi, loin des réseaux. En tout cas, assez loin pour me ré-approprier mon quotidien. J’ai compris que la seule chose, plus précieuse que mon temps, était mon attention, ma capacité à rester concentrée pour réaliser mes objectifs.

Or, avec internet cette concentration est mise à mal. C’est une habitude à désapprendre mais aussi une guerre à mener. L’Homo Digital est là. Il a deux mondes à sa portée. Mais l’un ne doit pas l’emporter sur l’autre. Je devais retrouver mon équilibre entre les deux mondes. Entre le Physical et le Digital. Car plus de temps passé dans ce monde revient à moins de temps passe dans mon monde, dans ma bulle. Ce qui par ricochet atteignait mon âme d’artiste qui a besoin de mots pour s’exprimer.

Il fallait apprendre de nouveau à penser par moi même, puisque nous sommes si influencés par ces segmentations d’idées, calibrée par des algorithmes dont le but est de nous montrer que ce qui nous plait. L’esprit est comme un salon. Bien que nous ayons très peu de choix dans la vie réelle, nous en avons encore moins dans la vie virtuelle quand il s’agit de laisser certaines choses nous atteindre. Un tweet retweeté ne prévient pas. On le lit même quand on ne désire pas savoir de quoi il s’agit. Le type de contenu auquel nous faisons face va direct dans l’esprit, parasite sa pensée et y demeure. Avoir l’esprit clair est un acte de rebellion en ce siècle. Voilà pourquoi la méditation est devenue mon compagnon. Mon défi pour les prochaines années.

Les réseaux sociaux réduisent l’effort à penser par soi même. On stocke son cerveau dans un influenceur/un média/wikipédia. On rigole en envoyant des Haha. On aime en cliquant j’adore. On compatis en envoyant “Triste”. On s’émeut de moins en moins de choses, parce qu’internet est un vaisseau de déjà-vu. En 9 ans de vie digitale, j’ai vu passer les mêmes hoax, les mêmes débats et les mêmes célébrations. Chaque buzz est une bouffée d’air frais qui rejoindra lui aussi les déjà-vu. Les drames se banalisent à force. Hauwa Mohammed Liman a été décapitée à Rann par Boko Haram. Oh c’est triste. 😢 Et Hop, c’est fini. Tombée dans l’oubli comme des centaines de millions de gens.

L’infobésité est pernicieuse car elle réduit la valeur de l’information. Dans le monde virtuel, elle réduit tout simplement la valeur de l’indignation. La valeur de l’émotion se compte en emojis. Car, des buzz, Il y en aura d’autres. Alors, le cerveau ne trie pas. Il fait Ctrl + Sup. Direct dans la corbeille ! Le monde digital nous fait nous questionner moins face au monde. Puisque nous accédons à des millions de flux hors de notre frontière culturelle et politique, nous tendons à une relativisation moins créatrice. Et dans le même temps, nous renforçons nos préjugés, aidés des biais cognitifs qui nous emprisonnent. Youtube me propose des tests de grossesse alors que je n’ai pas envie de gosse. Il croit bien me connaître. Google me suggère de répondre à mes mails. Il a lu mes messages. Il ne veut que m’aider.

Il y a ce que j’appelle la quatrième personnalité. Entre ce qu’on pense de nous, ce qu’on est vraiment et ce qu’on veut devenir, il y a une quatrième division : ce que nous projetons sur le digital. Cet avatar-là nourri par nos publications, tweets, photos et stories. La crise d’identité n’est jamais loin. Puisque l’esprit finit par ne plus savoir à laquelle des personnalités s’identifier. Suis-je Mylène Flicka ? Mylène Flicka est-ce vraiment moi ?

Je lutte pour que ma personnalité dedans soit la même que celle sur les réseaux sociaux. Mais j’ai très vite compris que la 4ème personnalité est grandement faite de ce que les autres pensent de moi. Il y a quelques années, je trainais avec une blogueuse obnubilée par sa 4ème personnalité et les expectatives de ceux qui la suivaient. Ce mode de pensée conduit le plus souvent, selon la taille de son audience, à vouloir répondre à un standard esthétique qui ne reflète parfois pas, la vie qu’on mène vraiment. C’est un piège que j’ai toujours évité, dans lequel je tombe parfois mais dont je reste consciente.

Pendant un mois, j’ai exploré l’ennui. L’ennui créatif, je précise. Parce qu’il me fallait retomber dans les zézaiements de mes propres pensées. Suivre à nouveau le dialogue incroyable qui se produit entre mon moi intérieur, les choses que je dois faire, les trucs bêtes auxquels on pense, le ménage, lire un livre, pourquoi les sphynx sont aussi vilains, qui a tué Khashoggi, où est mon pass navigo, akassa, flemme.


  • Qu’elle est belle cette nature. 
  • Pourquoi veux-tu t’empêcher de voir ce spectacle ? Pourquoi vouloir t’éliminer ? 
  • Je suis si petite 
  • Je t’ai faite grande. Deviens grande. 

Imagine un bar qui s’appelle l’heure s’enfuit. Imagine que tu es assis dans ce bar Chaque jour…et qu’un verre de distraction après l’autre, tu vois le temps passer sur ta peau. Tes épaules se développent. Ton bassin s’élargit. Ta peau s’épaissit, devient moins rose. Un cheveu blanc et un verre après, l’ambulance Vient te chercher. Ivre-mort de temps. 

J’ai une conscience claire de mon temps. Si claire qu’elle en devient effrayante. Peut-être parce que j’ai perdu Capitaine, il y a peu. Un autre mort, une autre vie partie.

Rien ne suffit à la vie. Pas même la mort. Il faut au moins vivre pour quelque chose. Grandir c’est prendre plus conscience du temps, qui s’écoule et de l’inexorable fin de notre temps. Dans chaque personne âgée désormais, je vois une personne qui a été jeune, qui est passée par les phases par lesquelles je passe en ce moment.

Quand je vois un enfant, je vois une promesse qui se tiendra. Si son temps s’écoule, il grandira et verra que le monde autour de lui n’est qu’un instant de vie figé en lui. Il saura qu’effectivement, un “plus tard” existe. Et dans ce “Plus tard”, il y a les choix qu’il fait au jour le jour. On m’a souvent dit quand je racontais des bêtises, que je comprendrai quand je serai grande. Aujourd’hui, je comprends. Donc je suis grande ? Non, peut-être pas. Mais je comprends mieux certaines choses et je deviens moins rigide dans ma pensée.


Ce soir, à la mer, je suis allée 

Construire dans un château,

fait de sable et d’algues,

Ce qui demain, fera mon présent. 


 

Je suis une pute au service de mes rêves. Je fais tout ce qu’ils veulent que je fasse. Parce que j’y tiens. C’est un pari osé, je me suis souvenue d’oser à chaque fois que j’ai voulu abandonner. Oser surmonter le doute, et se dire oui, tout ira bien. Tu vas le faire. Loin des parents, on apprend à devenir pour soi-même un parent. On laisse tomber les béquilles de nos esprits, on retire les deux roues arrières du vélo. On s’essaye. On roule, on tombe. On marche. On tombe. On apprend à grandir comme on a appris a marcher.

Parfois, j’ai envie de retourner là-bas, dans ce monde de certitudes. Dans le giron de ma mère, qui a toujours su voir plus loin que nous; assise à côté de mon père, mon dictionnaire, celui qui m’a parlé politique avant que je n’apprenne à lire. Celui qui répondait à mes millions de questions comme s’il savait tout.

Au Bénin, j’habite au bord d’une grande voie. Ma maison surplombe en longueur toutes les maisons du voisinage. C’est comme un long ruban rose et vieilli qui s’inscrit quand même dans le paysage, comme un écrin emballé avec en son sein moi et mes frères.

Les gens sont habitués à me voir passer depuis que j’ai l’âge d’aller seule à l’école. Mon chemin est simple. Tout droit, puis à gauche, puis à droite et enfin tout droit. Une fois le matin, une fois l’après-midi, une fois le crépuscule. Exactement 4 trajets de 7 minutes chacun, où je salue chaque adulte que je rencontre, pour peu qu’ils connaissent ma mère. Parce que ma mère, c’est la plus grande commerçante du quartier. En ce moment, nos vies n’étaient encore que des routes de terre oranges, lissées et préparées à accueillir du goudron chaud. Sacré goudron chaud.

Parfois, j’ai envie de retourner au collège, où chaque jour d’école était un jour de vacance. Revoir mon professeur de Philo, discuter en classe de mort et de Nietzsche, découvrir la connaissance toute préparée pour nous. Les profs savaient tout. On suivait un schéma très classique : cours + révision + examen + notes. C’était si facile, si subtil qu’on en est venus à croire que la vie c’était aussi ça.

On grandit, on obtient enfin la liberté tant recherchée, l’indépendance. Puis, on comprend qu’ici les examens viennent avant les cours. Les cours, tu peux les prendre ou pas. Mais si tu ne les prends pas, tu recommences l’examen. Encore et encore, jusqu’à ce que ça entre dans la tête. Non, encore mieux. Attendez !! Ici, tu fais plusieurs examens à la fois. Tous les jours, au réveil, à la minute où tu ouvres encore les yeux : Les examens débutent. Chaque pas est un choix. Chaque mot est un destin.

Alors, et si j’avais été sage ? Cela aurait-il été plus simple ? La solution facile c’est d’arrêter tout ce que je fais. Et de retourner tranquillement me faire recruter par l’État. Si j’y arrive. Mdr.

Je ne sais pas.

C’est dur de s’avouer qu’on est un peu perdus, dans le monde. Dans la vie active, on se pose plein de questions sur la justesse de nos choix. On pense qu’on sera plus heureux en faisant certaines choses. Alors qu’on n’en a pas vraiment besoin.

À Cotonou, durant ce séjour…( flemme, vous rendez-vous compte que je viens de dire séjour ? Dans mon propre pays ? Grosse flemme ), donc durant ces 7 jours de bonheur absolu, je suis repassée devant le Ministère des affaires étrangères. C’est là que j’avais fait mon stage, découvert Nietzsche, la bureaucratie et Irawo.

Ce lieu représentait pour moi, version étudiante en diplomatie, le point de départ vers des horizons de service pour mon pays. Devenir diplomate était ce que j’avais adopté comme rêve du collège au campus. Je me suis arrêtée devant le bâtiment, immobilisée par une grande question. Et si j’avais été sage ? Et si j’avais suivi ce chemin ? Quelle vie aurais-je ? Aurais-je été plus confiante ? Je continuai à fixer le bâtiment, les bras ballants. Le temps avait ralenti. J’étais plongée dans une question. Une seule.

Le chemin que j’ai pris est un pari jeté à la face du monde, sur la force de mes convictions. J’ai pris un chemin de solitude. Une chemin longé d’incertitudes, de questions sans réponses; d’étapes sans notifications. J’avais refusé le chemin classique, bien trop connu, bien trop vendu. Aller à l’université – Trouver un stage – Deux stages – Trois stages – Un CDD – Une grossesse ( mdr, je rigole ) – un mari – la mort. Je prends du plaisir toute seule à rigoler derrière mon écran, en ce moment même.

En grandissant, je me suis découverte. J’ai toujours cherché dans les autres, ce qu’ils voyaient de qui j’étais. Comme si leurs réponses pouvaient mieux me renseigner sur celle que j’étais vraiment. Vraiment vraiment. Pas celles qui sont dans ma tête. Pas ces choses que j’ai envie de dire que je ne dis pas. Pas les choses que j’aurais dû faire mais que je n’ai pas faites. Pas ce monde intérieur de multiples versions de moi-même. Mais la vraie version. Celle qui se lit à travers le concret des actes que j’ai posé.

Mdr.

Ça n’a pas marché. Certes. On me répondait. Mais j’étais toujours et presque fatalement que de l’eau dans les yeux. Je pense me voir à travers eux. Et eux, cherchaient à se voir à travers moi. En réalité, amis romains, ….nous sommes tous nés sourds.

Aujourd’hui, je sais mieux, qui je suis. Soit je fais plus attention; Soit c’est juste plus facile d’apprécier qui on est quand on a un peu plus vécu. C’est ce qui m’est arrivé.

Quand je repense à moi plus jeune, 17 ans, 15 ans, 18 ans; je pense à quelqu’un qui savait ce qu’il voulait mais ne savait pas encore qui il était. Mes 20-21 ans, je les vois comme une année intense d’apprentissage. Il y a quelques semaines, je vous aurais dit : Année perdue, gaspillée. Toussa…et…Toussa. Mais j’y ai repensé un peu plus profondément. J’étais à la recherche de Fifa. Grâce à cette année-là, j’ai compris celui qui a un jour dit :

 

J’ai la sensation de ne coller à rien, de ne jamais me retrouver dans les bonnes intervalles. Chaque étape sur mon chemin me paraît au-dessus de ce que je devrais être en train d’affronter normalement. Face aux gens de ma génération, je me sens vieille. Face aux ainés, je me sens à ma place, sans pour autant l’être. Le décalage est partout, omniprésent, C’est comme si à chaque fois, il y avait le monde, dans son brouillard étendu d’âmes, et moi assise sur un banc loin devant, regardant.


Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.

Lève-toi: pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,


To be continued.

 

Ⓒ Journal de bord d’une fille dérangée 

Privacy Preference Center